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29/07/2016

Radio Pardie - Le Journal


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07/07/2016

Les Fils de Crazy Horse

 

L'Amérique de Reagan à Trump aime les cowboys, qui trempent leur santiags dans des puits de pétrole, qu'exploiteront leurs petits-fils. L'Amérique du storytelling, la naissance d'une nation qui s'est écrite sur les cendres de Wounded Knee. "Nous devons agir contre les Sioux avec un zèle vengeur et au besoin aller jusqu’à leur complète extermination" s'écrie le Général Shéridan. Nous n'avons jamais fait la guerre aux amérindiens, nous nous sommes contentés d'exiger des droits de passage dans les réserves. Tel est le discours officiel. Jamais de guerre. " Quand plane le curare, et crache le FM, quand passe les barbares sur les corps des indiennes, tu sais l'odeur du sang et de l'or est la même!"

Hécatombe

Je veille les plaines la nuit, pour lire le reflet des constellations dans l'herbe fraîche du Wyoming. Un peu d'arithmétique, de 11,5 millions à la fin du XVème siècle la population indienne n'émarge plus qu'à 250 000 en 1890, est-ce vraiment la faute de Gary Cooper ? Un brin, indirectement, les épidémies dues au virus importés par Gary et autres colons européens, les famines dues à leurs intrusions de sales trappeurs du dimanche, la chasse effrénée aux bisons, que Kevin Kostner ne peut empêcher avec sa Winchester - à vendre dans son jus sur Badoo- tout concourt à faire mourir de faim les Mohicans, les Apaches et autres Dakotas. Oh! Je n'ai plus un Siou pour faire la cuisine. La recherche tatonne. Et si le choc bactériologique, les déprédations, l'absence réfléchie de mesures sanitaires, sont certains, le terme "Génocide" , utilisé par leurs descendants face aux touristes qui viennent acheter 4 dollars le paquet de cigarettes dans les réserves, demeure impropre à désigner cette hécatombe.

All apologies

En 2009, Barack Obama, se garde bien de l'utiliser lorsqu'il signe les excuses de la Nation américaine. Cependant, ses excuses demeurent une reconnaissance implicite des déplacements forcés et de massacres commis par les militaires. La conquête de l'Ouest ne s'est pas faite avec des couteaux en plastique. Les pionniers, fermiers se font souvent forts de massacrer les indiens, et de chasser les populations autochtones. Les meurtres racistes demeurent peu condamnés par l'Etat fédéral, qui laisse trop de liberté à ses chercheurs d'or.Les massacres culminent avec celui des indiens de Californie.
"Une guerre d'extermination continuera à faire rage entre les deux races, jusqu'à ce que la race indienne soit éteinte"
Peter H. Burnett, Gouverneur de Californie, Janvier 1851.
Les Etats-Unis heureux n'ont pas d'histoire, et que vienne le temps d'une historiographie sérieuse qui ne prenne pas comme référence Will Smith dans Wild Wild West, alors seulement saurons-nous les raisons intégrales de ce cataclysme démographique qui combine plusieurs facteurs et est jalonné d'incessantes guerres de territoire.

Les "Native americans" aujourd'hui.

Tout le monde s'en fout. 2,1 millions d'Indiens d'Amérique vivent sous le seuil de pauvreté. Mais de quoi se plaignent-ils ? Depuis la lutte pour les droits civils en 1969 ils peuvent faire appel à un avocat en cas d'arrestation, et ne purgent plus un an d'emprisonnement quel que soit le délit commis. Tu devrais méditer ça, toi qui voles des poires à ta grand-mère. Et en 2007, suite à un froid polaire, le Gouverneur du Dakota du Sud déclare l'Etat d'Urgence, sauf...dans les réserves indiennes. Si on pouvait les congeler et les ressortir à Disneyland... Aucun "Américain natif" ne jouit de la plénitude des droits des autres citoyens.

Balayer devant son tipi

Qui se souvient que les Français ont forcé les Indiens Choctaws à décimer les Indiens Chickasaws, en échange d'un protectorat?

Little Big Horn

Le 25 juin 1876...peu avant la Fête de la musique....

Petite grosse claque.

Émoustillé par la présence d'un gisement aurifère, le 7ème régiment de cavalerie, fort de 650 hommes, sous l'égide du Lieutenant Colonel Custer, se lance à l'assaut. Il compte venir à bout d'une coalition de Sioux et de Cheyennes de 6 à 7000 âmes, conseillée par le chef Sitting Bull, excusez du peu. À proximité de la rivière "Petit mouflon" dans le Montana, la cavalerie se lance dans un encerclement mal préparé du camp. Connaissant mieux les lieux Sitting Bull et le sexy Crazy horse, nourrissent le feu, serpentent, incendient les buissons, coupent la retraite des bataillons de Custer. Le combat dure 5 heures. 263 hommes du 7 ème de cavalerie trouvent la mort. Pour Custer les Black Hills deviennent une morne plaine, où sa dépouille  fait le bonheur des corbeaux. L'histoire sourit aux perdants.

 

 

 

 

30/06/2016

Radio Pardie- "Jorg, je crois que j'ai entendu des pas."


29/06/2016

Paris au crépuscule

À Arthur Schnitzler

 

Il descendit de voiture. Il fit les cent pas. La lumière des éclairages publics vacillait dans la petite rue et éclairait à peine La Fontaine Molière, qui s'écoulait dans un mouvement continu. La chaussée n'avait pas encore séché de la pluie de la veille. "C'est curieux pensa Éric, on est à cent pas du palais Royal et nous pourrions nous croire dans quelque ville de province. Nous pourrions jeter des pièces dans la fontaine.Quoi qu'il en soit nous serons à l'abri des curieux et nous ne rencontrerons aucune de ses connaissances."

Il songea à cela en regardant distraitement la devanture de bijoux en argent vendus au poids. Il consulta sa montre : 21 heures. Il faisait nuit noire. L'automne s'épanouissait et puis cette sacrée tempête qui avait fait tomber les tuiles des toits...mais le temps était clément comme s'il était averti de leur rendez-vous.

"Encore une demi-heure", pensa-t-il, près de la fontaine au carrefour. Il observa distinctement les quatre rues par lesquelles elle pouvait venir. Il remonta le col de son trench. " Elle viendra aujourd'hui. Vendredi, réunion du conseil d'administration, elle osera sûrement sortir et pourra même rentrer plus tard que d'habitude"; la sonnerie du bus tinta. Quelques clients du restaurant italien sortaient, il distinguait un piano à l'intérieur. La rue se peupla de touristes élégants prêts à s'étourdir dans les établissements du Premier arrondissement. Mais ils n'entamèrent pas sa tranquillité.

Personne ne fit attention à lui. Soudain, il aperçut une silhouette qui lui parut familière. Il alla vivement à la rencontre de la jeune femme sans voiture. C'était elle. En l'apercevant, elle hâta le pas.
- Tu arrives à pieds?
- J'ai renvoyé la voiture Place Colette. Je crois que le taxi m'a déjà conduite une fois.

Un homme passa et les fixa. Éric le toisa, l'oeil sévère,

- Je suis sûr que tu ne le connais pas. Mon taxi nous attendait, dit-il, suis-moi.
- C'est ton taxi ?
- Oui, si luxueux?
- Nos rendez-vous sont courts, autant que le taxi soit agréable.

Ils rejoignirent la voiture mais le taximan s'était absenté.
- Où donc est-il?
Éric inspecta les environs.
- Seigneur, murmura-t-elle.
- Attends une minute Sweetheart! Il doit être par là.
Il tourna la tête et vit la terrasse du café où le chauffeur était tranquillement attablé.
- Je suis à vous dans une minute. Quelle direction?
- Place de l'Odéon, s'il-vous-plaît.

La jeune femme se blottit dans les bras d'Eric et releva sa capuche.
- Tu ne veux pas me dire "Bonjour"?
- Laisse-moi une minute, je t'en supplie, le temps de reprendre haleine.
La voiture avait atteint la Place de la Concorde et s'engagea sur Le Pont-Neuf. Emma enlaça son amant, ils s'embrassèrent dans le rétroviseur du taxi., les langues faisaient des lacets.
- Et sais-tu depuis quand nous ne nous sommes pas vus?
- Dimanche? Oui, seulement de loin.
- Comment cela? Tu es venue chez nous?
- Oui, chez vous, vraiment, cela ne peut continuer, je ne reviendrai jamais chez vous. Une voiture nous dépasse.
- Du calme, avec la pluie, on ne peut pas nous reconnaître.
- Si, si je les connais. Allons ailleurs je t'en supplie !
- Taxi, nous allons rebrousser chemin, conduisez-nous Place des Vosges, s'il-vous-plaît !

Emma s'accrochait aux poignées...
- Allez moins vite, merci.
- Pas à cette allure, vous avez perdu la raison!
- Excusez-moi, je m'emballe.
- Pourquoi tu n'es pas venue hier? Chez ma sœur? Je croyais tu étais invitée toi-aussi.
-Je ne supporte plus de te voir au milieu de gens. Je veux te voir seule sur un lit...
Elle étendit ses jambes, dont on distinguait à peine les bas de soie blancs.

Le taxi eut l'air de glisser, heurta un trottoir, et zigzagua...
- Ralentissez et reprenez vos esprits, vous êtes épuisé, nous descendons, attendez-nous.

Près du Pavillon de l'Arsenal, les lumières rouges se reflétaient dans l'eau et vacillaient. Les phares des voitures balayaient les quais de Seine.

- Suivez-nous, dit-il au Taxi.
Ils marchaient sur le trottoir.
- Nous devrions partir, partir tout à fait...
- C'est impossible.
- Nous sommes lâches, Emma, voilà pourquoi c'est impossible.
- Et mon fils?
- Il te le laisserait, j'en suis certain.
- Et comment?
- En taxi, immédiatement, viens !
- Non.
- Donc, c'est la dernière fois!
- Quoi donc?
- Que nous nous voyons, reste auprès de lui.
- Parles-tu sérieusement?
- Oui.
-Tu vois, c'est toujours toi qui gâches nos rendez-vous. Et nous irions où si nous partions?
-À Calais, à Douvres, je ne sais pas, en Angleterre.
Ils regardèrent le Taximan.
- à Calais, s'il vous plaît, s'exclama Éric.

Ils s'engouffrèrent dans la voiture et s'embrassèrent. la voiture démarra à pleine vitesse, elle accéléra sur la route détrempée et heurta un panneau signalétique. À cet instant il sembla à Emma que la voiture s'élevait dans l'espace, elle se sentit projetée dans l'air, son corps décrivant une rotation vertigineuse. Elle se retrouva étendue sur le sol. Elle ne voyait rien, sa peur ne fit que croître, car elle ne percevait pas le son de sa voix. Elle comprit tout à coup très distinctement les événements. La voiture avait buté sur quelque chose, une borne sans doute s'était renversée et ils avaient été projetés. "Où est-il lui ? Pensa-t-elle. " Elle ne perçut aucune réponse. Elle essaya de se mettre debout et ne parvint qu'à s'asseoir, ses mains exploraient le sol, à tâtons, et rencontrèrent une masse. Éric était étendu à côté d'elle. Elle allongea le bras, toucha son visage. Quelque chose de chaud et humide coula entre ses doigts. Éric était blême, et le Taximan? pas de réponse.
- Je n'ai aucun mal, pensa-t-elle.

Le chauffeur de Taxi se pencha en titubant et s'agenouilla. Emma était à ses côtés. Il regardait fixement le visage livide. Les paupières ne laissèrent paraître que le blanc des yeux. Un filet de sang ruisselait lentement de la tempe droite. Aucune place pour le doute. Il saisit la tête entre ses deux mains et la souleva.

- Que faites-vous ! s'écria Emma, d'une voix étranglée.

-Mademoiselle, je crois qu'il est arrivé un grand malheur.

Elle prit le chauffeur par le col de de sa chemise.

-Ce n'est pas possible, tu n'es pas blessé ! Ni toi ! Ni moi !...

La tête inerte retomba sur les genoux du taximan. Elle fondit en larmes. Il regarda l'avant de la voiture broyé par le choc.

-Courez, allez, cherchez quelqu'un ! Appelez un véhicule d'urgence !
-Nous ferions mieux d'arrêter une bagnole!
- Non, ce sera peut-être trop tard, oui, trop tard, il nous faut un médecin.
- L'ambulance, le docteur, vous savez, ça ne servira plus !
- Mais dépêchez-vous, bon dieu !
-J'y vais, courage, toute seule.

Emma conserva le visage sur ses genoux, contre un mur, dans l'obscurité.

"Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible,non, ce n'est pas possible se répétait-elle, sans cesse." Un frisson la parcourut, "Quelle idiote, c'est un mort, je suis seule avec un mort, elle prit conscience de l'abandon total dans lequel se trouvait le visage. Elle se raccrocha à la lumière d'un lampadaire, qui n'était qu'un piètre réconfort mais qui avait le mérite d'être là. Ses yeux se brouillèrent, elle les ferma. Puis se redressa comme en sursaut.

Elle imagina le retour du taxi.

- On ne peut pas me trouver là, c'est impossible!

Elle posa la tête délicatement sur le sol. Des voix se firent entendre. Elle écouta tétanisée. Les voix venaient d'une ruelle à droite. Ce sont deux femmes, trois peut-être qui ont aperçu la voiture. Les yeux du mort s'agrandissent, il veut la garder en son pouvoir...la voilà partie, elle marche puis court sur la route, en retenant sa robe pour ne pas tomber, détale, fuit. Elle voit passer une ambulance de premier secours, elle sait bien où ils vont, elle les suit des yeux, se retourne, et continue à courir, elle a un mari, un fils, non on ne peut pas la trouver là. L'accident, c'est la fin de l'anneau de Gyges. Elle hèle un taxi, elle n'aspire qu'à rentrer chez elle. Le retour est interminable. Paris défile, puis elle passe le boulevard des maréchaux et croise des prostituées, la voilà loin, hors de Paris. La sonnette retentit, elle entend la femme de chambre qui ouvre la porte, elle entend la voix de son mari, incline sa tête, sa robe est maculée de sang. Elle sent que le moment est venue d'être forte, elle se dirige vers la salle à manger et y entre au même instant que son époux. Dans la lumière tamisée.

-Ah, tu es déjà rentrée !
-Mais oui, depuis longtemps.
-Apparemment, on ne t'a pas vu arriver, le petit boude dans sa chambre. Elle sourit d'un air très naturel, mais se sent épuisée. Elle n'entend plus rien. Et voit ....qui ouvre les yeux avec l'aide des secours. "S'il vit, s'il a repris connaissance ?"

-Qu'as tu ? Son mari se lève, l'air grave.
-Quoi, comment?
-Mais enfin qu'est-ce que tu as? Tu allais t'endormir et tu as poussé un cri.

Elle considère son propre visage déformé dans la glace. Deux mains se posent sur ses épaules.

" Il ne se vengera pas, il est mort, et les morts se taisent."

-Pourquoi dis-tu cela? Elle regarde son mari épouvantée. Il lui semble qu'elle vient de tout raconter à haute voix.

-Qu'ai-je dit alors?

Son mari articule lentement "Les morts se taisent".

-Oui, dit-elle, oui.

C'est sa dernière épreuve. Elle sait qu'elle a perdu. Dans ses yeux, elle lit qu'elle n'a plus rien à lui cacher.

-Va coucher le petit, et tu as quelque chose à me dire.

Elle sait que dans l'instant qui va suivre , elle dira toute la vérité à un homme qu'elle a trompé depuis de longues années. Et un calme immense l'envahit. Elle sourit à son fils.

 

 

 

 

 

23/06/2016

Quizz estival. Êtes-vous une bombe sexuelle?

 

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Vous croisez trois marins :

# vous les invitez à danser.

@ ils vous racontent leur vie en vous bouffant du regard.

& vous les guidez.

€ ils vous invitent à danser.

 

Vous êtes invitée chez des garçons inconnus, vous jouez :

# à action vérité

@ avec la mousse à raser 

& à la fille timide

€ à l'auto-stoppeuse reconnaissante

 

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Votre sport préféré :

# la pole dance

@ le surf

& la course à pied

€ la zumba

 

Votre film préféré :

# Neuf semaines et demie

@ Witness

& Femme fatale

€ Springbreakers

 

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Un beau brun vous emmène au Galeries Lafayette :

# Il n'arrive jamais à destination.

@ Il se fait expulser par la sécurité.

& Il se bourre de macarons avec vous.

€ Il vous fait le coup de la panne.

 

 

Vous rêvez d'une fellation :

# au Jardin des Tuileries

@ dans une montée d'escalier Hausmannienne

& dans un water bed

€ sur une banquette de Wagon-lit

 

Vous rêvez de faire l'amour :

# au BHV

@ au Musée d'Orsay

& dans un champ de blé

€ dans un confessionnal

 

Résultats et profils en commentaires.

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11/05/2016

Lucide

« Notre PIB prend en compte, dans ses calculs, la pollution de l’air, la publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes.
Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer.
Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes.
Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants.
En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux.
Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages.
Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l’intégrité de nos représentants.
Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture.
Il ne dit rien de notre sens de la compassion ou du dévouement envers notre pays.
En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ».

Discours de Robert Kennedy

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24/10/2015

Mission Démission. Le Démissionneur à gages, Antoine Lefranc

Inaugurer une collection est toujours un petit défi et c'est à Antoine Lefranc que les éditions Lilo se sont adressées, pour ouvrir leur catalogue de nouvelles, uniques et grand format intitulées "Momentanés". 

Une seule nouvelle, 70 pages et un format d'habitude davantage réservé aux revues de sciences humaines qu'à Pouchkine, Ludmila Oulitchkaia, Mérimée ou Laurent Nicolas. 

Antoine s'en acquitte avec talent, dans ce récit court, qui se déroule dans le monde impitoyable de l'entreprise. Le héros, si je puis dire, s'acquitte avec virtuosité de ses missions spéciales, dont nous ne dévoilerons pas l'objet, jusqu'au jour où la promesse d'un visage remet en cause sa vocation. Son histoire piquante fait parfois songer à l'acidité d'Amélie Nothomb dans Stupeur et Tremblements.Son écriture simple et blanche va droit au but et la qualité majeure du texte d'Antoine réside dans la limpidité de sa progression narrative. 

Son originalité donne envie d'une adaptation cinématographique. Alors avis aux amateurs !

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21/10/2015

Come to me

Il est appuyé contre le lampadaire, elle traverse la route, il se raccroche au lampadaire, elle est là, elle est dans sa bouche, il est entre ses lèvres, il fait nuit, contre le mur, contre elle, au creux de son souffle, dans l'air qu'elle inspire, au fond de sa gorge, au fond de ses yeux, au creux de sa nuque, sa chevelure contre ses joues, ses tempes où bat son coeur, entre ses dents, prête à mordre, prêt à la dévorer.

 

Je suis un filet de salive sur le I du verbe aimer. Fragile.

 

Tu réclames des baisers à perte de vue. Je t'embrasserai à perdre haleine. Je veux fondre et danser dans tes pupilles. Nos lèvres chaudes contre les parois du magasin. À l'aube de notre baiser. Ta langue est une prairie, mon souffle est un abîme. Songe à l'infini du ciel bleu. Je me dissiperai comme un parfum au creux de ta commissure. Perds-toi en toi mon âme. Nos lèvres ne font qu'une. Je veux t'embrasser contre une grille, que tes sandales glissent dans la bouche.Je pleure tes froissements de cils contre ma tempe. Baise-moi encore, enfonce ta langue dans ma bouche mon amour. 

 

Je veux entendre ton coeur papillonner sur ma langue. Tu veux éprouver  mon désir qui frétille sur tes lèvres. Nous sommes  l'origine du monde et sa fin. Regardons le soleil se coucher sur tes papilles. Les lèvres, je les aime dessinées, ourlées.  Tu les aimes fiévreuses, dépassées. Qu'elles rougissent à vue d'oeil, et n'aient plus honte de rien. Qu'elles ne cessent jamais, tu l'entends,  de me parler d'amour. Embrasse-moi encore, et que je ne perde pas une goutte de notre rêve. 

 

Le sucre dégouline sur nos lèvres. À l'aube de notre baiser. Le sel perle sur tes paupières. Ne me retire pas ta bouche.

 

 

11:41 Publié dans Inclassable | Commentaires (0) | Tags : baiser, amour, french kiss | | Digg! Digg |  Facebook |

25/09/2015

Radio Pardie- Les Éditeurs


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19/07/2015

Action Vérité

 

Amandine n'avait pu réprimer une grimace de dégoût. Elliot avait un bec de lièvre qui entravait son élocution. Une partie de son visage était tâché comme s'il avait été brûlé vif. Cette rencontre l'avait d'autant plus surprise que sa silhouette bondissante ne laissait pas présager une telle monstruosité. Au fil des jours elle avait appris à l'aimer, sa drôlerie, sa façon de danser époustouflante. Ses cheveux longs cachaient des yeux gris. Elle les avait oubliés et ce fut après la disparition qu'elle s'en rappela. Elliot se volatilisa comme une ombre quand le soleil apparaît. Elle ne lui avait auparavant jamais posé de questions. Elle  préférait lui tenir la main. Il disparut un jour de neige, sans emporter de bagage. Au beau milieu des sapins et des guirlandes en aluminium.

Chaque matin, au réveil, elle imaginait son retour. C'était devenu un rituel matinal au même titre que le café ou l'eau froide sur le visage. Elle se le représentait avec une barbe de plusieurs jours, il la prenait dans ses bras, ne lui donnait aucune explication et finissait sa vie avec elle, sur un tapis en duvet, au pied d'une cheminée, avec des enfants qui courent derrière les canapés. Mais chaque jour la maison était vide, la journée s'écoulait sans lui. Il avait bel et bien disparu, sans l'embrasser. La gendarmerie n'attacha aucune importance à ce qui ressemblait à une fugue ou à un départ volontaire.


Aucune dispute n'avait précédé son départ.
Aucune mésentente.
Aucun conflit.

Amandine était certaine que l'affection d'Elliot  le dévorerait  comme au premier jour et qu'il n'oublierait jamais les yeux ronds, les boucles, le visage d'angelot de sa compagne et le poids des ans sur leur amour.

Trois mois s'écoulèrent. La pelouse verdissait.

Il revint et lui offrit une marguerite. Elle le reçut comme dans ses songeries matinales sans lui poser de questions. Il ne lui donna aucune explication, jusqu'au jour où, un croissant à la main, il lui raconta tout. Elle avait toujours cru qu'il était fils unique. Or son frère vivait en Suisse, dans un chalet, atteint également d'une malformation génétique et avait décidé de passer sa vie à l'abri des regards. Il l'avait découvert blême, allongé sur son lit, sans médicament. En le voyant, Elliot s’était lancé : "J'ai voyagé pour te dire que l'amour existe, que je l'ai rencontré, il y a dix ans, et que tu peux sortir de ta cachette." Son frère était blanc comme un linge, mais Elliot sentit qu'à ces mots ses yeux pétillaient.

Amandine vola dans les bras d'Elliot et la tasse de café se renversa sur les cuisses du malheureux.

 

17/06/2015

La Quarantaine rugissante - Radio Pardie


08/06/2015

Pour obtenir le Prix Femina

Afin d'obtenir le Femina ou le Prix de Flore, votre serviteur vous a concocté un superbe pitch de roman, libre de droits. Faites-vous plaisir.

Pitch de roman, façon grande littérature française 

 

Paul parle à la première personne, il a vécu un chagrin d'amour terrible, dont il se rappelle les fulgurances sexuelles, racontées en gros plan et avec des mots crus. Extrêmement affecté par cette séparation, il s'intéresse au mouvement anti-mariage pour tous, collectionne les casques de la Wehrmacht, et s'inscrit à l'association "Les nouveaux Pétainistes" pour lutter contre la création dans les régions françaises de micro-califats. Il garde de son expérience de trader la haine d'un monde superficiel gouverné par le marketing, la publicité et le pognon, mais se rappelle avec fascination de ce moment où il prenait de la coke et où les filles étaient faciles. Sa dépression s'accentue lorsque sa sœur, qu'il déteste, séquestrée 10 ans dans une cave en Autriche est libérée et vient vivre chez lui. Sa misanthropie s'accroît. Il décide de ressortir de son tiroir, toutes les lettres de rupture odieuses qu'il a envoyées à ses ex, quand il était Trader et qu'il prenait plaisir à les humilier. Il devient scientologue et sa sœur tombe d'un avion, mais survit car elle a les cartilages mous. Sa femme Lucienne a pour passe-temps de recopier à la main des articles de Wikipedia, un jour elle tombe sur la biographie d'une critique d'Art un peu vulgaire qu'elle a déjà croisée en club échangiste avec Paul, c'est un déclic : elle abandonne Paul et se lance dans des installations d'Arte Povera avec des spaghettis.Paul cherche à réussir son suicide. Il erre dans le Quartier latin et se souvient du jazz dans les caves et de son premier amour. Le Quartier latin devient un personnage à part entière du livre. L'aimant autour duquel tout gravite. Le lecteur croise Sartre, Beauvoir et Marc Édouard Nabe jeune au détour de la Rue Bonaparte. Un soir de Beuverie Paul déprimé et passablement éméché lance à un habitué des Trois Maillets : "Je vais te faire courir moi sale PD!" S'ensuit une altercation violente : Paul sort son couteau à cran d'arrêt et tue le garçon de 25 ans à peine. Le lendemain il s'enfuit en Colombie, où il deviendra, sous l'identité d'Arturo éleveur d'autruches. À Versailles, Lucienne installe ses toiles dans la galerie des glaces.

08/04/2015

Radio Pardie - Bon anniversaire !


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14/03/2015

Radio Pardie - Je t'aime Frédéric Miterrand !


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06/02/2015

Sagan des villes et Sagan des champs

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Les grandes villes n'existent pas est une méditation sur la vie à la campagne, de l'enfance à l'âge adulte. Sur le bonheur, quand la vie palpite autour du stade municipal, de l'élection de la Rosière sur un char à foin, ou encore de l'ail sauvage que les enfants ramassent, dans les marais fiévreux. Cécile parle pour tous ses copains de classe, ses ex, ses voisins, tous ceux qui savent ce que c'est que de vivre à 30 kilomètres du premier centre commercial. Cécile n'écrit pas Guerre et Paix. Une description libre. Quelquefois bouleversante. Elle passe du coq à l'âne, de l'école à l'Église, du loto aux premiers scooters. Indépendamment de ces instantanés, une voix émerge, mélancolique et vive. "Mais l'église, c'est surtout le lieu, où même si on ne croit pas en Dieu, même si on n'y comprend rien, si on n'y ressent rien, on préfère tout de même s'y montrer sous son meilleur profil."Et une image m'a traversé l'esprit en la lisant, celle de Françoise, avec ses fulgurations et ses aléas. Cécile aura sans doute des ratés : elle racontera peut-être mal la vie d'une copine qui vend des aspirateurs, mais, un jour, tu verras, elle nous renversera sur sa mob.

Les grandes villes n'existent pas. Cécile Coulon - Seuil

23/01/2015

Le retour du Prix d'Amérique - Leçon n°6 Haras bisants.

Le Qatari est plein de pognon, il ne sait qu'en faire. du coup dixit Courrier international le "Qatar est le Club Med des terroristes". Heureusement le Cheik sait aussi l'investir dans des activités plus terre à terre des  Légendes,  qui volète. Et s'il veut acheter des équidés, qui suis-je pour l'en décourager ?

Longtemps le Qatari pataugeait et, pardonnez-moi l'expression, passait son temps à se faire "arnaquer" voire "Qatarnaquer" en achetant des crèmes Shisheido, des sacs Herpès et des joueurs du PSG. Mais il semble, depuis le Prix de l'Arc de Triomphe 2014 s'être aguerri. Ce jour-là, en grandes pompes, l'Emir a fait le déplacement pour voir triompher son poulain. Et comme un Émir n'arrive jamais seul, il est venu avec sa cour et son troupeau de princesses pour triompher, et comme ce qui est dit doit être fait, et c'est plus facile avec des monceaux royaux de pognon, son pur-sang a gagné. 

Greffe-toi avec tes moyens modestes sur sa Djellaba Courrèges, telle une mite qui va manger un peu de ses fils de soie d'or fin. Rendez-vous dimanche 25 janvier 2015  même si je préfère l'affiche de 2008.

Toi, petit scarabée, ne sous-estime pas le Qatari, petit par la taille mais grand par le pognon. 

 

 

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