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28/12/2011

Extrait de nouvelle

"La neige reposait tel un masque d'algues blanc sur les jardins à la française. La fontaine ronde gelée brillait comme un single des Stones en 1972. Yasmina déambulait les pieds dans ses moonboots, sa poussette Mac Laren dans une main, et Kimberley avec son bonnet pointu dans l'autre. L'hiver les installations artistiques disparaissaient, ce qui rendait à la place son classicisme, tant il est vrai que l'angoisse étreint parfois le promeneur devant certaines incongruités commanditées par le Ministère tout proche et qui bousculent la beauté hiératique du Palais Royal."

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                                                                                        Copyright Stéphan Pardie

10/12/2011

Coupé au montage

J'ai toujours rêvé d'un film qui serait basé sur le regard d'une tondeuse à gazon qui coupe la pelouse. Une sorte de road-movie rase-moquette où l'on verrait les tubes de pissenlits voler dans les airs, la trombine appeurée des mouches, les sauterelles qui se planquent sous les feuilles et les mottes de de terre qui dissipent sous les tirs comme à Waterloo.

Une façon de vide sidéral de la création cinématographique. Sans la 3D ! je ne veux pas que la paille ressemble à des troncs d'arbres !

La poussière d'herbe encrasse le cadre. Le rythme devient mélancolique, interrompu seulement par une panne d'essence. On fait une pause.

Enfin on entend les glouglous du réservoir. La balade reprend. La caméra posée sur l'épaule du moteur.

Je suis l'Orson Welles de la tonte de pelouse, le Kusturica des taupinières. Un petit bonhomme qui marche dans la forêt vierge des fourmis, au milieu des mirabelles tombées de l'arbre; des bouts de bois qui se désintègrent en plein vent.

Avec cette impression lancinante qu'à chaque instant une planète peut s'écraser dans le cadre. C'est Mélancholia au ras des pâquerettes. L'odeur des graminées ennivre les spectatrices et les pistils chatouillent le nez du spectateur.  

Tondre la pelouse, c'est un peu la cérémonie du thé.

 

 

11/10/2011

Entendu

 

 ...à propos du mythe d'Orphée

Si se retourner était interdit, on serait obligé de faire plusieurs fois le tour du monde, ça serait compliqué.

30/06/2011

10 conseils si vous êtes invités à un mariage

1 - Ne regardez pas la mariée cachée sous la Cadillac, ça éblouit.

2- Demandez votre chemin aux autochtones, surtout si vous avez perdu de vue la Papamobile.

3- Choisir un mariage à la frontière suisse pour passer plusieurs fois la douane bourrés.

4- Ne buvez pas de Pommard Rouge sur du Pommard blanc. 

5- Habillez-vous le mieux possible, car vous ne tenez pas l'alcool.

6- N'oubliez pas de dormir à Buffal'Hotel, l'hôtel de Buffalo-grill, pour dire bonne nuit au Shérif.

7- N'incitez pas le marié à finir la nuit au Macumba, parce qu'il n'est pas exclu que le videur du Macumba ait un moment de lucidité...Faites croire que les rayons laser indiquent une présence extraterrestre.

8- ...à moins que vous ne soyez le frère de la mariée, ne criez pas "Oh" et "Ha" durant le discours de la famille.

9- Refusez poliment de prendre des poses lascives si une invitée se frotte à vous, je vous rappelle que Karen, votre compagne a réussi à attraper le bouquet.

10- Faites appel à un traducteur pour transcrire les propos du marié en fin de soirée.

"BRRRRRRRRRRR... la vieille...peux...hooooo....vuuuuuu"

Ce qui signifie en substance "Je ne peux plus voir la vieille organisatrice, qui nous refuse une dernière chanson alors qu'il n'est que cinq heures du matin."

11- Ne vous demandez pas pourquoi l'épousée est si belle, c'est qu'elle est heureuse.

 

 

 

 

31/05/2011

Que deviens-tu Gabriella Sabatini?

La Silvana Mangano de Roland Garros,

La ligne Maginot,

Oui,

Cat Stevens est bien revenu lui.

 

 

 

 

24/05/2011

Fashion! Petite robe noire, escarpins...

Je me suis acheté une bête de T-shirt, avec les Aristochats qui jouent dans un orchestre. Le problème, c'est que j'ai 37 ans.

Mais la faute en incombe à ce petit magasin du Marais qui ne propose que Walt Disney ou les Beatles. J'ai également acquis un top  à leur effigie. 

Heureusement, il n'y avait pas un troisième présentoire dédié à Nicolas Ceaucescu.

Il fait beau. Nous renonçons à notre libre arbitre. Résultat ce soir, il est 23H30, et j'ai le T-shirt sur moi, il sert de pyjama, et tous les matins, je mets le réveil à 6H10 et l'enlève avant que ma copine ne se réveille.

Il y a quelques minutes, alors que je lui ai annoncé que j'allais écrire un texte sur le dit textile, et qu'il était devenu ma muse, elle m'a dit "pense à écrire VILAIN".

D'un coup mon inspiration s'est tarie.

Sur un fond bleu clair, très sobre, se dessine un piano-armoire (sorte de deux-en-un fushia). Un chat vert pianote assis sur un tabouret au pied blanc  et qui ressemble vaguement à un modèle destiné à la traite des vaches. Visiblement il joue du jazz, parce qu'à côté de lui une sorte de Sydney "Bechat " bleu lapis lazuli souffle dans une trompette jaune.

Un chat de gouttière d'un orange plus classique, et tout récemment échappé de la roulotte de Django Reinhardt, espèce de vagabond, manie avec bonhommie le bandonéon.

Et là, l'oeil de la voisine, qui tous les soirs m'épie avec sa lunette astronomique, pétille, voire s'embrase lorsqu'elle découvre, d'un mouvement involontaire et descendant de son télescope, la contrebasse kaki du chat dégingandé. Le chat dégingandé semble être atteint de cessité derrière ses lunettes roses, ce qui lui confère un vrai talent mélodique, eu égard à son ouïe exacerbée.

Lorsque la voisine remonte sa longue-vue, dans une contre-plongée, qu'elle espère fructueuse, elle tombe sur des poils jaunes. Allez savoir pourquoi, le chat dégingandé a une tignasse caca d'oie.

J'en ai sué pour écrire ce texte.

Demain quand je le mettrai au lavage, il ne faut pas que j'oublie la lingette Décolor stop.

10/05/2011

Ode au gorgonzola

 

 

Non ce n’est pas pour vous les filles !

C’est pas pour les gonzesses !

C’est bon, c’est gore,

On le mange avec les doigts.

Et toi ?

C’est quoi ?

 

Non ce n’est pas à la vanille.

Ta pâte persille.

Allez persistes !

T’en as plein les papilles

 

Gustatives.

Et même

Crois-moi si tu m’aimes,

Sur la rotative !

 

Oh !

Ce n’est pas malin,

Je n’ai pas de Sopalin…

Palin !

 

Dans ma gondole,

Sous le pont des soupirs,

Ne fais pas l’âne,

Allez mets-en,

Je t’en prie

Sur mon pain Poilâne.

 

J’vais lui demander à

Peppone,

De retirer de ma pizza,

Tout le peperonne

Et d’ajouter tout le gratin

Des fromages italiens.

 

Même servi,

Par un pizzaiollo acrobate

Par un italien d’opérette

 

Dans une gargote

Freestyle

De la rue des Martyrs.

Ou pire.

 

Je t’étale.

Tu m’emportes,

 

 

 

75 pour cent

C’est grave ?

mais grâce au gras

Au vrai

Un vrai délice.

Oh quel coup de sang !

Le supplice

 

De Tantale.

 

Non ce n’est pas pour vous les filles !

On le mange avec les doigts.

 

C’est le Gorgonzola.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

27/03/2011

Course d'orientation

La pluie des signes, l’île des cygnes, le désert des tartares, la forêt de symboles, la nuit des temps, la cabale. Déchiffre-moi ! Aie ! Pif ! Le fond de ma pensée, les valses hésitations, les je ne sais quoi, les je ne sais qui, les bègues, les Mystères de Paris.

Je rêve du mur séché au soleil de tes silences.

 

La muette, les portes, l’île de Ré, les sourires, les yeux, le regard, le Pont des amours, les stalactites, les peintures rupestres, les grains de beauté, les traveling arrière, les trous de souris, les poignées de portes, les correspondances, les mortaises têtières, le bricolage. J’ai glissé sous une peau de mandarine le secret des amours mortes, et sous un rosier fané le songe de tes pommettes. Saurais-je un jour pourquoi les filles sont patientes et font plusieurs choses à la fois ?

 

Une clef à mollette ouvrira le tiroir de ta commode. Et je n’aurai pas avancé d’un iota. Tu sais la vie, j’y comprends rien, j’y comprends rien.